Maison Heinrich Heine: Résultat de table ronde intitulée, “Révérer le passé et craindre le futur ?

Maison-Heinrich-Heine-Paris

 

A l’occasion du 60ème anniversaire des Traités de Rome (le traité instituant la Communauté économique européenne, aussi appelé traité de Rome, a été signé le 25 mars 1957 entre les six pays fondateurs), la Maison Heinrich Heine a clos le lundi 3 juillet sa riche saison culturelle avec une table ronde intitulée : “Révérer le passé et craindre le futur ? (Notons que selon Littré le futur est ce qui sera, l'avenir est ce qui adviendra)

 

Avec à l’affiche:

 

S. E. M. Nikolaus Meyer-Landrut Ambassadeur d'AlIemagne en France, Olivier Costa Professeur à Sciences Po Bordeaux, Olivier Rozenberg Professeur à Sciences Po et Wolfgang Wessels Professeur à l’Université de Cologne

 

Il était dit en introduction :

2017 marque un tournant décisif dans l‘histoire de l 'UE. Alors que l'on fête les 60 ans des Traités de Rame, les négociations autour du Brexit s'ouvrent et d’importantes élections nationales se préparent dans un contexte de progression du populisme.

 

Pour rapporter en substance l’exposé de S. E. M. Nikolaus Meyer-Landrut qui s’exprimait en français :

Le monde évolue, par exemple la Russie retrouve peu à peu un rôle mondial – L’instabilité s’installe au proche orient, on le voit avec Daech qu’il est mal venu d’appeler en France “Etat Islamique” ( la traduction littérale) alors que de toute façon il s’agit d’une organisation terroriste  

 

Ce à quoi l’Europe doit faire face “change massivement” c’est ce que montre le Brexit qui débouche sur cent sujets difficiles...

 

Mais c’est en même temps une leçon pour les autres Etats, car on ne peut garder que les avantages d’un traité et en rejeter les inconvénients. – l’entrée en scène du président Trump fait aussi partie du changement de décor. Pour le définir, je parlerais non de crise mais de défi car il n’y a pas de retour possible au statut quo ante.

Les fondamentaux du traité de Rome aboutissent à la création d’un ensemble régit par le droit et non par la force dans la logique du traité de Westphalie, ce que nous les Allemands avons eu tendance un temps à oublier (N.D.L.R. dans les années 1920, les théoriciens du nazisme souhaitaient mettre à bas les dispositions des traités, véritable origine, à leurs yeux, des maux du Reich.)

Aujourd’hui même le président Macron a proposé de changer la constitution. Mais si le changement est nécessaire, il ne faut pas tout jeter par-dessus bord.

Pour le couple franco-allemand l’avenir se dessine selon trois axes : l’international, le bilatéral et l’avenir de l’Europe où se distinguent trois domaines : la sécurité-défense, l’euro et l’espace Shengen.

 

Après l’intervention du professeur Rosenberg S. E. M. Nikolaus Meyer-Landrut a repris :

 

Aujourd’hui Les politiciens ont commencé à prendre le populisme au sérieux.

Entre l’époque de Le Pen, père, et de sa fille Marine actuellement, le ton a changé, maintenant on discute, on essaye d’expliquer.

– L’Allemagne avait fait l’erreur de penser que le nationalisme pouvait tout régler par la force (voir ci-dessus le traité de Westphalie). – La presse française s’étonne sur Mme Merkel encore après 12 ans.

– Les dirigeant européens ont tendance à mettre les décisions négatives sur le dos de l’Europe et s’étonnent ensuite que l’Europe soit critiquée. – Il semble plus important de faire vivre le système que de le réformer.

– La Banque Centrale Européenne s’oppose aux politiques fiscales nationales ce qui produit un déséquilibre.

Qu’est-ce que l’austérité ? Une réponse possible c’est que les Etats étaient incapables de se financer normalement eux-mêmes, du fait de leur politique nationale.

– Avec le Brexit on est enfin libéré des demandes de dérogation britanniques. – Ce qui manque au niveau européen c’est la confiance dans les institutions et l’on en voit le résultat. Par exemple on demande à certains Etats réticents d’accepter les réfugiés par décision à la majorité qualifiée. Il y a là un manque de pédagogie. Il est besoin de rééquilibrer les décisions nationales et les décisions européennes.

 


 

Les exposés des autres intervenants étaient trop divers et hétérogène pour être facilement résumés.

Parmi les points de convergence on peut rapporter que les deux Olivier se sont renvoyé la balle, on pourrait dire qu’ils ont presque trinqué, avec le dilemme de la description du verre, soit à moitié vide soit à moitié plein, cela concernant toutes les questions que l’on pose régulièrement sur l’Europe. Ne voulant pas être en reste sur cette question centrale du débat, Wolfgang Wessels a alors ajouté finement, en visant semble-t-il les institutions européennes, qu’il faudrait se méfier que l’eau ne soit pas remplacée par de la vodka. Qu’en est-il exactement ? Mais il faut remarquer que la vodka éliminerait le dilemme bien connu, car un verre de vodka est plein au départ et vide ensuite, mais ne reste pas à moitié vide ou à moitié plein, car il est plein tant qu’il n’est pas vide.

 

 


 

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Puis est venu le temps des questions du public.

 

Comme d’habitude ce fut l’occasion d’entendre des contre-exposés plus ou moins clairs mais généralement empêtrés où certains cherchent un remède à leur frustration, et qui sont parfois agrémentés d’une question finale construite à la hâte pour faire passer l’indigestion.

Dans ce fatras, nous avons retenu deux vraies questions. La première posée par un juriste, habitué de la Maison Heinrich Heine, Paul Arnaud : “Peut-on s’attendre à une initiative allemande pour redonner du souffle à l’Europe ? Et la seconde posée par le Docteur Mamo, un autre habitué de la Maison : Quels résultats positifs voulez-vous transmettre ?

 

A cette dernière l’ambassadeur a rappelé que l’on ne pouvait pas se baser sur l’expérience des aînés et que les jeunes d’aujourd’hui devraient trouver leur propre voie pour approcher l’Europe ou la réalité européenne, mais, avant cela, il avait précisé en introduction qu’il fallait compter sur l’éducation en non sur la presse.

Il a sans doute ses raisons, mais s’il pense que ce que l’on dit aux journalistes leur entre par une oreille et leur sort par l’autre, nous allons essayer de le convaincre que ce n’est pas forcément le cas.

Concernant la question précédente, sur l’initiative allemande, l’ambassadeur a demandé au juriste de lui permettre d’attendre les élections allemandes de septembre prochain, qui verra le renouvellement des 630 sièges du Bundestag, pour lui donner une réponse complète, mais qu’il pensait que si le gouvernement allemand actuel est réélu, il sera prêt à relancer l’action pour l’Europe à l’automne mais que ce sera, en tout état de cause, en coopération avec les partenaires de l’Allemagne et notamment avec la France.

 

Mais, malgré l’intéressante prestation de S. E. M. Nikolaus Meyer-Landrut, le clou du spectacle de cette soirée a été planté sans conteste par le professeur Rozenberg, qui faisant un rapide rappel des événements du début de l’ère Macron, a insisté sur le fait que nous avions un jeune président. Mais pour ajouter immédiatement : “heu... comment s’appelle-t-il encore ? mmm... Macron ! (ouf). Avec cela il a obtenu un franc succès et la salle s’est naturellement esclaffé.

 

Frédéric Sausse

 

 

Sourc"e / QuelleLe-journal-de-la-Cite-Universitaire-de-Paris

 



Ajouté le 16/07/2017 par Francis MILANI - 0 réaction

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